Discrimination & harcèlement

Les propos à caractère sexuel doivent être sanctionnés dès qu’ils sont caractérisés, peu importe qu’ils aient été tolérés avant

Au sein du CEA (Commissariat à l’énergie atomique), un salarié a été mis à pied puis licencié pour faute simple pour avoir tenu des propos à connotation sexuelle, considérés comme injurieux, dégradants, humiliants et ce, de manière réitérée. Pourtant, la Cour d’Appel a considéré qu’en dépit du fait que les propos avaient bien été tenus, le licenciement était sans cause réelle et sérieuse dans la mesure où la hiérarchie avait eu connaissance de propos similaires qui avaient été tenus auparavant mais qui n’avaient pas été sanctionnés. Contestant cette interprétation, l’employeur a formé un pourvoi en cassation en considérant que : Il était tenu de prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir et faire cesser les agissements dégradants à connotation sexuelle, y compris en procédant au licenciement du salarié ; Que tout comportement de nature insultante, humiliante, dégradante ou sexiste constitue une faute. Peu importe, que des propos similaires n’aient pas été sanctionnés auparavant, cette tolérance ne procurant pas une immunité au salarié qui tient des nouveaux propos problématiques. Dès lors qu’ils ont été réitérés, l’employeur devait prendre les mesures nécessaires et proportionnées. La Cour de Cassation a approuvé le raisonnement de l’employeur et a cassé l’arrêt de la Cour d’Appel. Elle a également rappelé que l’employeur est tenu à une obligation de sécurité envers les salariés et qu’il doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité physique et mentale des salariés et faire cesser les agissements sexistes. Elle en déduit que dès lors que les propos ont été caractérisés, l’employeur pouvait procéder au licenciement, conférant ainsi une cause réelle et sérieuse à la rupture. Cass. soc., 12 juin 2024, n° 23-14.292 Source : Légifrance  

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Le rapport annuel de la CNCDH révèle une forte augmentation des actes racistes

La CNCDH est la Commission nationale consultative des droits de l’homme, depuis 1990, elle remet chaque année au Gouvernement un rapport qui dresse un état des lieux du racisme en France. Les résultats du rapport sont alarmants : la tolérance recule et les actes racistes sont en très forte augmentation. Ainsi, pour la seconde année consécutive, l’indice de tolérance (ILT) recule et ce, à l’égard de toutes les minorités. L’année 2023 est marquée par une très forte augmentation des actes racistes, soit + 32% avec une explosion des actes antisémites. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces chiffres : l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 ainsi que les opérations militaires d’Israël, la polarisation des débats relatifs au projet de loi Asile et Immigration, les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel tué par un tir policier, l’attentat djihadiste contre le professeur Dominique Bernard à Arras ou encore les violences qui ont suivi la mort de Thomas à Crépol. Par ailleurs, le rapport déplore la trop faible mobilisation du gouvernement. Le président de la CNCDH, Jean-Marie Burguburu, indique que « le gouvernement aurait dû accélérer la mise en œuvre du Plan national de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations adopté par Elisabeth Borne début 2023 ». Il précise également que le désengagement de l’État s’est manifesté de manière inédite depuis 34 ans dans la mesure où le gouvernement ne s’est pas conformé à la prescription de la loi de 1990 qui prévoit la remise officielle au Premier ministre du rapport annuel de la CNCDH. Le rapport conclu que lutter contre l’impunité doit être une priorité absolue. En effet, il rappelle que selon une enquête de victimation de l’INSEE, 1 million de personnes estiment avoir subi une au moins une atteinte raciste au cours de l’année. Pourtant, 96% d’entre elles ne portent pas plainte. Les actes racistes peuvent également intervenir sur le lieu de travail. Il est donc primordial d’être intransigeants sur ce sujet, de faire de la prévention, de mettre en place un dispositif d’alerte et de sanctionner les auteurs de ces actes racistes. Le cabinet DEI Conseil pour vous accompagner pour la mise en place de ces mesures. Enfin, rappelons un outil utile pour tous, la plateforme anti discrimination mise à disposition par le Défenseur des droits qui permet d’être écouté et conseillé sur la marche à suivre.

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